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La mention d'assurance sur le devis : une obligation légale que peu connaissent

Mis à jour le 19 août 2026 · Information générale — ne décrit jamais une entreprise en particulier et ne constitue pas un conseil juridique.

L'essentiel
  • Tout artisan doit mentionner sur ses devis et factures l'assurance professionnelle obligatoire à son activité, les coordonnées de son assureur et la couverture géographique du contrat — règle créée en 2014 (art. 22-2 de la loi du 5 juillet 1996) et codifiée depuis juillet 2023 à l'article L. 132-1 du code de l'artisanat.
  • Pour les travaux de construction, l'attestation d'assurance décennale doit en plus être jointe aux devis et factures (art. L243-2 du code des assurances) : vous êtes en droit de la demander.
  • Une mention absente ne prouve pas une absence d'assurance — beaucoup de modèles de devis sont simplement incomplets — mais elle prive d'une information que la loi vous garantit.
  • Une mention présente ne prouve pas non plus que le contrat existe et couvre vos travaux : seule la confirmation par l'assureur l'établit.

Ce que la loi impose exactement

La règle a été créée par la loi « Pinel » du 18 juin 2014 (article 22-2 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996) et vit depuis le 1ᵉʳ juillet 2023 à l'article L. 132-1 du code de l'artisanat : les professionnels tenus à une assurance professionnelle obligatoire doivent indiquer sur chacun de leurs devis et factures :

  • l'assurance souscrite au titre de leur activité ;
  • les coordonnées de l'assureur ou du garant ;
  • la couverture géographique du contrat ou de la garantie.

Pour les travaux relevant de l'assurance décennale obligatoire, l'article L243-2 du code des assurances va plus loin — et c'est lui qui s'applique alors : les personnes soumises à cette obligation d'assurance doivent joindre les attestations d'assurance à leurs devis et factures (l'article du code de l'artisanat précise d'ailleurs qu'il s'efface à leur profit). Autrement dit, pour un artisan du bâtiment dont les travaux touchent à l'ouvrage : l'attestation décennale jointe au devis est une obligation du professionnel — et un droit du client.

Mention absente : ce que ça signifie, ce que ça ne signifie pas

Quand AvantAcompte indique « mention d'assurance non détectée dans le document », la formulation est choisie avec soin — pour deux raisons :

  • l'extraction automatique peut manquer une mention réellement présente (mise en page atypique, scan de faible qualité) ;
  • une mention réellement absente signifie le plus souvent un modèle de document incomplet, pas une entreprise non assurée.

Ce que l'absence change pour vous est en revanche très concret : vous ne disposez d'aucun élément pour identifier l'assureur et engager la vérification qui compte (la confirmation du contrat). Le conseil d'action est donc double : demander l'attestation d'assurance décennale — c'est un droit, l'art. L243-2 prévoit même qu'elle soit jointe — et demander que le devis soit complété. Un professionnel en règle produit ces éléments sans difficulté.

Le cas n'est pas d'école : lors de son enquête 2018 sur les énergies renouvelables et la rénovation thermique (469 établissements visités, contrôles ciblés), la DGCCRF relevait parmi les pratiques constatées « l'absence de communication de l'attestation décennale ». La demande écrite, fondée sur les textes cités ici, reste le geste utile.

Mention présente : une piste, pas une preuve

À l'inverse, une mention d'assurance détectée (nom de l'assureur, numéro de contrat) est une information utile — AvantAcompte l'affiche comme point concordant — mais il faut en connaître la portée exacte : une ligne sur un devis ne prouve ni que le contrat existe, ni qu'il est à jour, ni qu'il couvre vos travaux. Un contrat peut avoir été résilié, suspendu pour impayé, ou couvrir d'autres activités que celles de votre chantier.

La chaîne de vérification complète est celle-ci :

  1. la mention sur le devis identifie l'assureur ;
  2. l'attestation décennale détaille le contrat : période de validité, activités couvertes, plafonds — et doit désigner la même entreprise (même SIREN) et le même assureur que le devis ;
  3. la confirmation par l'assureur, seule, établit que le contrat est en cours et couvre les travaux à la date d'ouverture de votre chantier — c'est l'e-mail de confirmation qu'AvantAcompte pré-rédige.

Si l'assureur mentionné sur le devis diffère de celui de l'attestation, ce n'est pas nécessairement une anomalie (changement d'assureur récent, courtier au lieu de la compagnie) — mais l'écart doit être expliqué, et la confirmation demandée au bon assureur : celui de l'attestation.

Comment AvantAcompte vérifie ce point

L'analyse du devis recherche la mention d'assurance (assureur, contrat, couverture géographique). Son absence produit un point de vigilance formulé « mention non détectée » — jamais « non conforme » : l'extraction peut échouer, et la qualification juridique n'appartient pas à un outil. La mention détectée est croisée avec l'attestation décennale du dossier, puis la confirmation à l'assureur est proposée. Chaque constat cite l'article de loi qui fonde la demande — c'est votre meilleur argument, courtois et incontestable, pour obtenir les documents.

Questions fréquentes

Le devis ne mentionne aucune assurance : l'artisan est-il forcément non assuré ?

Non. L'explication la plus fréquente est un modèle de devis incomplet. Mais la mention est une obligation légale (art. L. 132-1 du code de l'artisanat) et l'attestation décennale doit être jointe au devis (art. L243-2 du code des assurances) : demandez-les — la réaction du professionnel à cette demande banale est en elle-même informative.

Que doit contenir exactement la mention d'assurance ?

L'assurance souscrite au titre de l'activité, les coordonnées de l'assureur ou du garant, et la couverture géographique du contrat. Pour les travaux de construction, l'attestation d'assurance décennale doit en plus être jointe au devis et aux factures.

Le devis mentionne un assureur, l'attestation en montre un autre : que faire ?

Demander l'explication : un changement d'assureur récent ou la présence d'un courtier sont des explications courantes. L'important est que l'attestation valable au moment de l'ouverture de votre chantier désigne la bonne entreprise, et que la confirmation soit demandée à l'assureur de cette attestation.

Quelles sanctions pour un professionnel qui omet la mention ?

Le manquement à l'obligation de mention est passible d'une amende administrative (le dispositif de la loi de 2014 prévoit jusqu'à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale). Mais pour vous, l'enjeu pratique n'est pas la sanction : c'est d'obtenir l'information et l'attestation avant de signer.

Sources officielles