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Redressement judiciaire ou sauvegarde : l'activité continue — sous conditions

Mis à jour le 19 octobre 2026 · 7 sources officielles

L'essentiel
  • Le redressement judiciaire et la sauvegarde ne mettent pas fin à l'activité : ces procédures visent précisément à la poursuivre pour permettre le rétablissement de l'entreprise.
  • Pendant la période d'observation, l'entreprise peut légalement continuer à signer des devis et réaliser des chantiers, sous le contrôle des organes de la procédure.
  • Le point de vigilance est réel mais mesuré : l'issue de la procédure n'est pas connue d'avance (plan, cession ou conversion en liquidation), ce qui invite à limiter l'exposition financière.
  • Le geste utile : échelonner strictement les paiements sur l'avancement des travaux et sécuriser la décennale — la garantie court dix ans même si l'entreprise disparaît ensuite.
  • Si votre chantier est en cours quand la procédure s'ouvre, le contrat n'est pas annulé automatiquement : l'administrateur décide de le poursuivre ou non. Vous pouvez le mettre en demeure de prendre parti ; sans réponse dans le mois, le contrat est résilié de plein droit (art. L622-13 du code de commerce).

Redressement, sauvegarde, liquidation : trois procédures très différentes

Les trois procédures collectives sont publiées au BODACC, mais elles ne racontent pas la même histoire :

  • la sauvegarde (art. L620-1 du code de commerce) est ouverte à la demande d'une entreprise qui n'est pas encore en cessation des paiements mais anticipe des difficultés insurmontables : c'est une démarche préventive, souvent le signe d'une gestion qui regarde les problèmes en face ;
  • le redressement judiciaire (art. L631-1) concerne une entreprise en cessation des paiements dont le rétablissement paraît possible : l'activité se poursuit pendant une période d'observation, sous le contrôle du tribunal ;
  • la liquidation judiciaire (art. L640-1), elle, organise la fin de l'activité — c'est un autre constat, traité dans un article distinct.

Confondre redressement et liquidation est l'erreur la plus fréquente — et la plus injuste pour les entreprises concernées. AvantAcompte les distingue systématiquement : le redressement et la sauvegarde produisent un point de vigilance, jamais un point bloquant.

Ce qui se passe pendant la procédure

Le jugement d'ouverture déclenche une période d'observation (six mois, renouvelable, dix-huit mois au plus en redressement) pendant laquelle :

  • l'activité continue — les chantiers en cours se poursuivent, de nouveaux contrats peuvent être signés ;
  • l'entreprise est accompagnée et contrôlée : administrateur judiciaire éventuel, mandataire judiciaire représentant les créanciers, juge-commissaire ;
  • les dettes antérieures au jugement sont gelées ; les engagements postérieurs — dont votre chantier, s'il est signé après — doivent être payés à leur échéance, ce qui impose à l'entreprise une discipline de trésorerie stricte.

À l'issue, trois sorties possibles : un plan de sauvegarde ou de redressement (l'entreprise continue en remboursant ses dettes sur plusieurs années), une cession à un repreneur, ou — si le rétablissement échoue — la conversion en liquidation. C'est cette incertitude d'issue, et elle seule, qui justifie la vigilance.

Pour la sauvegarde, procédure préventive, l'issue de rétablissement est même majoritaire : sur les cohortes 2010-2016 étudiées par France Stratégie, 62 % des entreprises entrées en sauvegarde ont obtenu un plan. Aucune statistique ne prédit pour autant l'issue d'un cas particulier — dans un sens comme dans l'autre.

Signer un devis avec une entreprise en procédure : les bons réflexes

Contracter avec une entreprise en redressement ou en sauvegarde est légal et peut se passer parfaitement bien — des milliers d'entreprises traversent ces procédures et en sortent. Les réflexes utiles :

  • poser la question ouvertement : un professionnel de bonne foi expliquera la situation et son plan ; la procédure est publique, il n'y a pas de secret à percer ;
  • échelonner strictement les paiements sur l'avancement constaté : c'est la protection principale — l'exposition financière à tout instant reste faible ;
  • limiter l'acompte à ce qui est réellement nécessaire au démarrage (commandes de fournitures identifiables, par exemple) ;
  • sécuriser la décennale : vérifier l'attestation et la faire confirmer par l'assureur. Point important : la garantie décennale, une fois le chantier ouvert pendant la période de validité du contrat, court dix ans même si l'entreprise disparaît ensuite — c'est l'assureur qui couvre, pas l'entreprise.

Votre chantier est en cours quand la procédure s'ouvre

L'ouverture d'une sauvegarde ou d'un redressement ne met pas fin aux contrats en cours : « aucune indivisibilité, résiliation ou résolution d'un contrat en cours ne peut résulter du seul fait de l'ouverture » de la procédure (art. L622-13 du code de commerce, applicable au redressement par l'article L631-14). Concrètement :

  • c'est l'administrateur judiciaire qui décide de poursuivre ou non votre chantier : il a seul la faculté d'en exiger l'exécution, en fournissant la prestation promise ;
  • vous pouvez le forcer à se prononcer : adressez-lui une mise en demeure de prendre parti sur la poursuite du contrat. Restée plus d'un mois sans réponse, le contrat est résilié de plein droit (le juge-commissaire peut raccourcir ce délai ou le prolonger, dans la limite de deux mois). Ses coordonnées figurent dans l'annonce du jugement publiée au BODACC ; si aucun administrateur n'a été désigné, adressez-vous au mandataire judiciaire nommé dans cette même annonce ;
  • si le chantier se poursuit, chacun exécute sa part : les travaux réalisés après le jugement se paient à leur échéance — continuez à payer à l'avancement constaté, jamais d'avance ;
  • ce qui était dû avant le jugement (un acompte versé pour des travaux non réalisés, par exemple) ne peut plus être réclamé directement à l'entreprise : la créance se déclare au mandataire judiciaire dans les deux mois de la publication au BODACC. Si le contrat est résilié, la créance née de la résiliation se déclare dans le mois qui suit (art. R622-21).

En liquidation judiciaire, les mêmes règles s'appliquent avec le liquidateur à la place de l'administrateur (art. L641-11-1). La marche à suivre complète, de la mise en demeure à la déclaration : acompte versé, chantier pas commencé.

Comment AvantAcompte vérifie ce point

Les jugements d'ouverture, les plans arrêtés et les clôtures sont publiés au BODACC, que le produit interroge par SIREN. Le constat cite le type exact de procédure, sa date et l'annonce d'origine, et rappelle explicitement que la poursuite d'activité reste juridiquement possible. Une procédure dont le plan est arrêté ou qui est clôturée est présentée comme telle, avec ses dates — jamais comme une procédure en cours.

Questions fréquentes

Une entreprise en redressement peut-elle légalement me faire un devis ?

Oui. Pendant la période d'observation, l'activité se poursuit sous le contrôle des organes de la procédure ; signer de nouveaux contrats en fait partie. Selon le jugement, certains actes requièrent l'accord de l'administrateur judiciaire — un professionnel transparent saura vous dire dans quel cadre il travaille.

Mon acompte est-il protégé si la procédure tourne mal ?

Un acompte versé pour un chantier signé pendant la procédure constitue une créance postérieure au jugement, mieux traitée que les dettes antérieures — mais si la trésorerie fait défaut, la protection reste théorique. La vraie protection est de ne jamais laisser les paiements précéder l'avancement des travaux.

Sauvegarde ou redressement : lequel est « le plus grave » ?

La sauvegarde intervient plus tôt : l'entreprise n'est pas en cessation des paiements et anticipe. Le redressement intervient après la cessation des paiements. Dans les deux cas l'activité continue et l'issue dépend du plan — les chiffres agrégés ne disent rien d'un cas particulier.

Comment savoir où en est la procédure ?

Les étapes clés sont publiées au BODACC (ouverture, plan arrêté, conversion, clôture) : la lecture des annonces, datées, donne l'état le plus récent publié. Le greffe du tribunal de commerce peut confirmer l'état exact du dossier.

Sources officielles

Cet article présente les règles en général, à la date de sa mise à jour. Il ne vise aucune entreprise et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit sur votre situation.

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